Macron, responsable politique qui inspire le plus confiance

Macron, responsable politique qui inspire le plus confiance

Selon un baromètre Harris Interactive publié vendredi, Emmanuel Macron est désormais la personnalité politique qui inspire le plus confiance "pour faire des propositions qui vont dans le bon sens", dépassant Alain Juppé, François Bayrou et François Fillon.
Emmanuel Macron arrive en tête de ce classement mensuel sur la confiance envers les politiques. (Reuters)
Les candidats les plus centristes ont la cote, à en croire la dernière vague du baromètre Harris Interactive réalisé chaque mois pour le site Délits d'opinion. En effet, selon cette étude qui calcule l'indice de confiance des Français envers les personnalités politiques, Emmanuel Macron est le responsable qui inspire le plus confiance "pour faire des propositions qui vont dans le bon sens", et ce pour 41% des sondés. Il rassemble les suffrages à gauche (45% des sympathisants de gauche) comme à droite (48% des sympathisants). Fait inédit dans ce baromètre, il est la personnalité non encartée au FN qui inspire, de loin, le plus confiance auprès des sympathisants du parti d'extrême droite (29%).

Les candidats à la primaire de la gauche sous les 25%

Au classement général, le leader d'En marche! dépasse Alain Juppé (37%), qui était en tête de ce baromètre depuis plusieurs mois. Le centriste François Bayrou complète le podium au coude à coude avec le candidat de la droite François Fillon, tous deux à 31%.
Derrière ce quatuor de tête, le classement égrène les personnalités politiques. NKM inspire confiance à 30%, suivie par les deux premières personnalités de gauche : Martine Aubry et Christine Taubira, à égalité à 29%. Jean-Luc Mélenchon suit avec une cote de 26%. Derrière lui, la bataille fait rage entre des prétendants à la primaire de la gauche. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg cumulent en effet 24% des suffrages quand Manuel Valls obtient une cote de confiance de 23%. Aucun autre prétendant à la primaire de la gauche n'est testé dans le baromètre. Avant sa candidature surprise, Vincent Peillon n'était en effet guère inscrit dans le paysage politique. A noter que Marine Le Pen, elle, parvient à rassembler 22% des suffrages.

Je suis candidat à la présidence de la République.

Je suis candidat à la présidence de la République.
Bonjour à toutes et tous, Mesdames, Messieurs, merci d’être là aujourd’hui, ce matin.
C’est une étape importante que nous allons franchir et que nous préparons depuis plusieurs mois. Parce que je suis en effet intimement convaincu que c’est en affrontant la réalité du monde que nous pourrons retrouver de l’espérance dans notre pays, et c’est notre défi aujourd’hui.
J’entends certains qui pensent que notre pays est en déclin, que le pire est à venir, que notre civilisation s’efface. Ils proposent le repli, la guerre civile ou les recettes du siècle dernier. J’en entends d’autres qui imaginent que la France peut continuer de descendre en pente douce, que le jeu de l’alternance politique suffira à nous faire respirer et qu’en quelque sorte, après la gauche, la droite et ainsi de suite, parce qu’on l’a toujours fait de la sorte. Avec les mêmes visages, les mêmes hommes, depuis tant d’années.
Je suis convaincu que les uns et les autres ont tort parce que ce sont leurs modèles, leurs recettes qui ont simplement échoué. Le pays, notre pays, lui dans son ensemble n’a pas échoué et il le sait, il le sent et c’est de là que naît ce divorce entre le peuple et ses gouvernants. Je suis convaincu que notre pays a la force, le ressort, l’envie d’avancer parce qu’il a l’histoire et le peuple pour cela. Parce que la France a toujours été un pays moteur du progrès, du progrès politique et démocratique, quand la Révolution Française, ici, a ouvert le monde nouveau et un chemin. De progrès économique quand nos ingénieurs, nos entreprises, nous ont permis de créer des richesses nécessaires pour accéder à une vie meilleure. Du progrès social, parce que c’est dans notre pays que nous avons construit les protections qui allaient avec l’ère industrielle, qui ont fait longtemps notre fierté, qui ont suscité partout l’envie. Du progrès pour tous, quand nos gouvernants, nos pays, ont eu la force après trois guerres de construire avec l’Allemagne et d’autres partenaires européens, cette Union européenne qui nous tient. Du progrès pour chacun, parce que la France, c’est par dessus tout un projet d’émancipation des individus, d’émancipation de la religion, des conditions d’origine. C’est un pays dans lequel, en partant de rien, le talent, l’effort doivent pouvoir mener à tout.
Mais la France aujourd’hui est sortie du chemin du progrès. Le doute s’est installé. Depuis 40 ans, nous n’avons pas réussi à régler le problème du chômage de masse, la déprise des territoires, la langueur de l’Europe, les divisions internes allant jusqu’aux fractures se sont plus récemment établies. La France est bloquée par les corporatismes, de tous ordres et n’est plus à la hauteur de sa promesse. En même temps, nous sommes rentrés dans une ère nouvelle. La mondialisation, le numérique, le changement climatique, les inégalités croissantes de notre mondialisation, les conflits géopolitiques, le terrorisme, la crise démocratique des sociétés occidentales, le doute qui s’installe au coeur de nos sociétés.
Ce sont les symptômes d’un monde en plein bouleversement. Cette grande transformation que nous sommes en train de vivre, nous ne pouvons y répondre avec les mêmes hommes et les mêmes idées parce qu’elle vient encore décupler nos doutes et nos faiblesses. Nous ne pouvons proposer simplement de réparer ou d’ajuster notre modèle. Cette grande transformation, elle a des aspects tragiques et nous devons être conscients de la gravité de l’histoire et des moments que nous vivons. Mais elle a en même temps des opportunités, des promesses que nous devons saisir. Nous ne pouvons pas demander sans cesse aux Français de faire des efforts sans fin. Nous devons regarder ensemble la vérité en face, débattre de ces grandes transformations à l’oeuvre et dire où nous voulons aller, dans quelle direction, par quel chemin, parce que le temps qui nous y conduira sera long, parce que tout cela ne se fera pas en un jour.
Les Français sont conscients des nouvelles exigences de notre temps, bien souvent ils le sont plus que leurs gouvernants. Ils sont moins conformistes, moins attachés à ces idées toutes faites qui n’assurent rien d’autre que le confort intellectuel de la vie politique. Face à ces défis, notre système politique est bloqué. Lorsque je dis cela je n’accuse personne et je ne parle pas des élus. Nombreux sont au contraire ceux qui par leur dévouement s’engagent pour leur pays. Mais les appareils politiques, les logiques politiciennes, paralysent aujourd’hui notre capacité d’aller de l’avant.
J’ai vu de l’intérieur la vacuité de notre système politique qui empêche les majorités d’idées, au motif qu’elles fragilisent les appareils, les partis traditionnels, les intérêts acquis, qui ne poursuit plus l’intérêt général mais son propre intérêt, qui a transformé la vie des Français en simple décor de son propre théâtre d’ombres.
J’ai pu mesurer ces derniers mois ce qu’il en coûte de refuser les règles obsolètes et claniques d’un système politique qui est devenu le principal obstacle à la transformation de notre pays. Je sais ce que c’est. Je sais aussi que je continuerai à l’éprouver, cela ne fait que renforcer ma détermination. Parce que ce système, je le refuse.
Face à cela je sais l'énergie du peuple français. Elle peut nous conduire à donner le meilleur de nous-mêmes. C’est cette énergie qui est aujourd’hui le quotidien des milliers d‘associations qui font le travail dans l’ombre le travail de tenir notre société ensemble. C’est cette même énergie qui donne leur force à tous ceux qui innovent, travaillent, produisent chaque jour. Si nous voulons avancer, faire réussir notre pays et construire une prospérité nouvelle, il nous faut agir.
La solution, elle est en nous. Elle ne dépend pas d’une liste de propositions qui seront oubliées le jour d’après, qui changeront même parfois durant le temps de l’élection et qui au fond sont là pour ne pas être appliquées. Elle ne saurait émerger non plus de compromis bancals. Elle se fera grâce à des solutions différentes, grâce à une révolution démocratique profonde. Elle prendra du temps mais elle ne dépend que de notre unité, de notre courage, de notre volonté commune.
C’est cette révolution démocratique à laquelle je crois. Celle par laquelle en France et en Europe, nous conduirons ensemble notre propre révolution plutôt que de la subir. C’est cette révolution démocratique que nous avons préparée durant ces derniers mois avec En Marche. Je crois très profondément que rien n’est jamais écrit. Et c‘est pourquoi je veux porter l'optimisme de la volonté. La France n’est pas un château de cartes. Elle a surmonté tant d'épreuves, bien plus redoutables. La seule force dont nous pouvons, dont nous devons nous réclamer, c‘est la force de la France, c’est la force des Français. C’est celle-là qui doit nous guider.
Dans quelques mois, à l’occasion de l’élection présidentielle, une opportunité nous est offerte. Celle de refuser enfin le statu quo pour choisir d’avancer. Parce que ce combat que nous devons livrer pour faire réussir notre pays, il commencera en mai 2017.
Pour le mener, la responsabilité du président de la République est immense. J’en suis pleinement conscient. Un président n’est pas simplement investi d’une action. Il porte aussi, de manière moins visible, les valeurs de notre pays, la continuité de son histoire, et de manière cachée, la vigueur et la dignité d’une vie publique. Je sais cela. J’y suis prêt.

C’est pourquoi je suis candidat à la présidence de la République.

Parce que je crois plus que tout que nous pouvons réussir, que la France peut réussir. Bien sûr, on ne se réveille pas un matin avec cette révélation. La décision de me présenter aux plus hautes charges de la République est le fruit d’une conviction intime et profonde, d’un sens de l’Histoire et d’une conscience aiguë des temps qui sont les nôtres.
J’ai fait le chemin de la province à Paris, du monde de l’entreprise à la vie publique puis à la vie politique. Les responsabilités qui ont été les miennes m’ont fait pleinement mesurer les défis de notre temps et toutes ces vies m’ont conduit à cet instant.
Je veux faire entrer la France dans le XXIème, je veux que mon pays redresse la tête et pour cela retrouve le fil de notre histoire millénaire, ce projet fou d’émancipation des personnes et de la société. Ce dessein, c’est le dessein français : tout faire pour rendre l’homme capable. Je ne peux me résoudre à voir une France qui a peur, qui ne regarde que ses souvenirs, une France outrancière qui insulte et qui exclut, une France fatiguée qui stagne et qui gère.
Je veux une France libre, libre et fière de ce qu’elle est, de son Histoire, de sa culture, de ses paysages, de ses femmes et de ses hommes qui ont traversé tant d’épreuves et qui n’appartiennent à personne.
C’est pourquoi je place ma candidature sous le signe de l’espérance. La France peut réussir. Elle doit d’abord pour cela relancer l’Europe. J’entends tant de discours de haine sur ce sujet, de renonciation ou de repli. L’Europe, elle est notre chance dans la mondialisation, et notre responsabilité est ici immense. La France doit retrouver confiance en elle et bâtir son projet. Par le travail d’abord, qui émancipe chacun, parce que c’est par le travail que nous construisons notre place dans la société. Il n’y a pas de fatalité aujourd'hui, à ce qu’un jeune qui vient d’un quartier difficile comme celui où nous nous trouvons, ne puisse pas trouver d’emploi, n’ait parfois même pas le droit à la formation. Et le lieu où nous sommes, à ce titre n’a rien d’innocent.
Et je ne peux accepter, de la même façon, que dans nos provinces tant de Français aujourd’hui attendent pour travailler, ne puissent même plus vivre de leur travail dans la dignité. Le travail, c’est ce qui nous construit.
Par l’investissement ensuite, l’investissement dans notre avenir. Pour réussir cette révolution numérique, pour réussir le passage vers une autre économie, vers une autre société. Pour former, pour aussi accompagner cette transformation climatique et énergétique.
Par l’école et la transmission ensuite. Notre pays se redressera par sa jeunesse. Je sais que beaucoup doutent de la jeunesse ils ont tort. Il ne s’agit pas de lui faire des promesses, on lui en a trop fait. Il s’agit de transmettre notre culture, nos valeurs et ainsi de permettre à tous les jeunes de construire librement leur avenir. C’est cela croire en sa jeunesse.
Bâtir notre projet, par des nouvelles protections aussi. Car dans ce monde incertain, chacun doit être libre et nous devons pour cela protéger contre les risques de la vie, contre l’insécurité. Garantir ces protections : la santé, la retraite pour les plus âgés. Parce qu’on ne construit rien de solide en laissant des millions de Français au bord du chemin. C’est cela la vraie autorité. C’est cela la crédibilité de l'Etat.
Vous l’avez compris, je veux libérer l’énergie de ceux qui peuvent, et dans le même temps je veux protéger les plus faibles. Ce projet, nous devons aussi le bâtir par nos territoires, nous avons des France aujourd’hui à réconcilier.
Nos métropoles réussissent dans cette mondialisation. Il faut les y aider, les encourager, leur permettre de faire davantage. Elles sont notre chance.
La France des quartiers a elle besoin de mobilité. Elle est aujourd’hui assignée à résidence alors qu’elle veut réussir, qu’elle veut que nous permettions aux jeunes et moins jeunes d’accéder à l’école, d’accéder à la culture, d’accéder à l’emploi. La France périurbaine et la France rurale ont le droit de réussir, de se développer. Et pour ce faire, nous devons aussi leur permettre d’aller de l’avant, investir et laisser faire. Cette France-là le veut, cette France le peut.
Je veux une France qui croit en sa chance, qui risque, qui espère, qui n’admet jamais la rente indue ou le cynisme repu. Je veux une France entreprenante, où chacun choisit sa vie, où chacun peut vivre de son travail. Et une France qui considère les plus faibles. J’ai pour cela une confiance indéfectible dans les Français.

L’enjeu n’est pas pour moi aujourd’hui de rassembler la gauche, il n’est pas pour moi aujourd’hui de rassembler la droite.

L’enjeu est de rassembler les Français.

Car cette transformation de notre pays n’est pas un combat contre quelqu’un, contre un camp, contre une partie de la France. C’est un combat pour nous tous, pour l'intérêt général, pour nos enfants. Ce combat, c’est celui que nous conduirons ensemble. Cette révolution démocratique, je ne pourrai la mener à bien qu’avec vous.
J’en appelle aujourd’hui à toutes les femmes et les hommes de bonne volonté. J’en appelle aujourd’hui à toutes celles et ceux qui dans notre pays croient dans la réconciliation de la liberté et du progrès. J’en appelle aujourd’hui à toutes celles et ceux qui ne veulent pas simplement guetter dans la pénombre une lueur d’espérance mais qui veulent l’incarner. Car c’est notre vocation profonde et je n’en sais de plus belle.
Vive la République et vive la France ! Merci à vous.

Pour celles et ceux qui veulent LIBREMENT assister au meeting d’Emmanuel Macron ce mardi à Montpellier au Zénith à partir de 18 h une inscrivez-vous via ce lien. https://enmarche.typeform.com/to/OujBmL

Pour celles et ceux qui veulent LIBREMENT assister au meeting d’Emmanuel Macron ce mardi à Montpellier au Zénith à partir de 18 h une inscrivez-vous via ce lien.






"Une conférence de presse pour annoncer que la location d'une salle au Corum de Montpellier , C'EST TROP CHER POUR MACRON ! ça , c'est de l'information ! La politique est une affaire trop sérieuse pour être confier à des opportunistes de la politique et des conseillers de l'ombre !" L'Equipe " Montpellier En Marche avec Macron



"Une conférence de presse pour annoncer que la location d'une salle au Corum de Montpellier , C'EST TROP CHER POUR MACRON ! ça , c'est de l'information !
La politique est une affaire trop sérieuse pour être confier à des opportunistes de la politique et des conseillers de l'ombre !"

L'Equipe " Montpellier En Marche avec Macron

Article paru dans le Midi Libre du Mardi 12 Octobre 2016

Ma volonté de transgression est d'autant plus forte que j'ai vu le système de l'intérieur.

Voici un extrait de mon interview parue aujourd'hui sur Challenges.fr.
République, fonction présidentielle, laïcité, Europe, tous ces sujets sont abordés autour d'une conviction : il faut refonder notre système.

Cliquez ici pour la lire :
Je vous invite également à vous inscrire pour assister au dernier rassemblement de présentation du diagnostic ce mardi 18 octobre à partir de 18h au Zénith de Montpellier.

Il n'est pas trop tard :
Je vous souhaite une bonne fin de week-end.

Emmanuel Macron

Nous vous donnons rendez-vous mardi 18 octobre 2016 à 18 h salle des rencontres de l'ancien Hôtel de Ville Place Francis Ponge à Montpellier pour découvrir, ensemble, les conclusions tirées par Emmanuel Macron de la troisième partie du diagnostic : les sujets économiques et sociaux qui font notre vie quotidienne.

Nous vous donnons rendez-vous mardi 18 octobre 2016 à 18 h salle des rencontres de l'ancien Hôtel de Ville Place Francis Ponge à Montpellier pour découvrir, ensemble, les conclusions tirées par Emmanuel Macron de la troisième partie du diagnostic : les sujets économiques et sociaux qui font notre vie quotidienne.
Montpellier en Marche avec Macron


Bonjour à toutes et à tous !
Lors d’une longue interview parue hier dans le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron a déclaré : « Mon objectif est que les idées progressistes soient présentes au second tour de l'élection présidentielle et gagnent pour pouvoir transformer notre pays. Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire de la présence du Front national au second tour le marchepied de l'accession au pouvoir de tel ou tel camp. Je désapprouve ceux qui préfèrent préserver leurs appareils et leurs intérêts plutôt que de faire gagner leurs idées et la France. »

Retrouvez l’intégralité de cet entretien en cliquant ici
Emmanuel Macron était également hier le premier invité de Nicolas Demorand pour le lancement de l’émission « Questions politiques » sur France Inter et FranceInfo.tv.

Face aux transformations du monde, il a expliqué en quoi il fallait refonder (et non adapter) notre système.

Découvrez ses propos en cliquant ici

Nous vous rappelons par ailleurs que la meilleure manière de faire progresser notre mouvement est, à ce stade, de faire adhérer vos proches ! Il suffit de leur transférer ce lien : bit.ly/j-adhere
En Marche !

Macron : "Je dénonce le cynisme du système politique"


INTERVIEW - Emmanuel Macron, fondateur du mouvement En marche!, revient pour le JDDsur son départ du gouvernement et évoque ses perspectives futures.
Emmanuel MacronParu dans leJDD
Emmanuel Macron a quitté le gouvernement. (Eric Dessons/JDD)
Vous quittez un gouvernement en plein combat. Êtes-vous un déserteur?
Déserter, c'est quitter le champ de bataille. Des batailles, j'en ai mené au sein du gouvernement. J'en ai perdu et j'en ai remporté. Aujourd'hui, j'entre sur le terrain du combat pour la construction d'une nouvelle offre politique de progrès.
Alors, un objecteur de conscience ?
Je ne me soustrais pas à une obligation, j'obéis au contraire à un devoir de cohérence. Je veux proposer et rassembler. C'est pour cela que je suis sorti du gouvernement.
Vous dites avoir "touché du doigt les limites du système politique". Que voulez-vous changer?
À gauche comme à droite, les postures ne correspondent pas à la réalité. Si le centre droit est européen, progressiste et libéral, qu'a-t-il à voir avec Nicolas Sarkozy? La gauche du réel, que je défends et où je me situe, peut-elle avancer avec une autre gauche qui défend les statuts, l'immobilisme et qui est antieuropéenne? Chaque camp vit dans l'espérance qu'un homme providentiel va permettre de masquer ses contradictions internes. C'est en cela que le système est cliniquement atteint. Et à mes yeux, la chorégraphie des primaires n'est que le symptôme de ces incohérences. Ce que nous voulons, c'est rassembler autour d'un même diagnostic, des mêmes valeurs, des mêmes projets, plutôt que de chercher à gagner par des accords d'appareils.

"Je n'ai pas arrêté d'essayer, de proposer, de pousser"

Que proposez-vous concrètement?
Je ne jouerai pas au jeu des catalogues. Cela fait trente ans qu'on y joue. Tout a été écrit sur ce qu'il faut faire. Le sujet, c'est la conduite du changement, pas seulement les propositions. Il faut avant tout avoir une position cohérente et efficace sur les sujets structurants : comment être une puissance économique et politique? Comment retrouver l'ambition de notre projet européen? Comment retrouver le fil du roman national dans un monde qui vit une profonde transformation? Nous devons écouter les gens et les préoccupations qu'ils expriment, trop souvent absentes des débats publics : les sujets de la vie quotidienne, comme la garde des enfants ou, de manière plus générale, l'articulation entre la vie personnelle et la vie professionnelle, la mobilité, l'insécurité culturelle, les déserts médicaux, l'ennui au travail ou à l'école, le manque de considération, le recul des services publics, etc.
«Si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié»
Vous avez été l'une des chevilles ouvrières de ce quinquennat, quelle est votre crédibilité?
Je n'ai pas arrêté d'essayer, de proposer, de pousser. Et je ne construis pas ma démarche dans le rejet de ces années durant lesquelles j'ai conseillé et exécuté des réformes au sein du gouvernement. Mais si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié, et malheureusement on a fait beaucoup de choses à moitié! Le choix a été fait de ne pas engager une deuxième étape des réformes économiques, comme je le proposais avec la loi Noé. Nous avons eu une autre divergence après les attentats et un dissensus sur la déchéance. J'aurais souhaité qu'on aille plus loin sur la politique européenne. J'ai exprimé les désaccords de manière apaisée, dès le début. J'ai été appelé au gouvernement par un président qui connaissait mes convictions et je ne les ai jamais dissimulées. Je suis constant dans mon comportement.

"J'ai fait le choix de partir sans artifice et de manière apaisée"

Comment avez-vous pu tenir aussi longtemps à l'Élysée et au gouvernement?
Je suis volontaire, résilient, déterminé.
«J'aurais pu arrêter mon mouvement, ou bien rester en affaiblissant le Président et en espérant susciter une crise politique pour être dans la rupture»
Dans vos propos publics, vous avez ménagé François Hollande. Vous pourriez vous retrouver dans quelques mois?
Sur le plan personnel, la décision que j'ai prise cette semaine était douloureuse. Elle m'a coûté, même si je n'ai pris personne par surprise. Sur le plan institutionnel, j'ai du respect pour le président de la République, car je pense que nos institutions tiennent le pays. Après ce qu'a dit le Président le 14 juillet, j'aurais pu arrêter mon mouvement, ou bien rester en affaiblissant le Président et en espérant susciter une crise politique pour être dans la rupture. J'ai fait le choix de partir sans artifice et de manière apaisée.
Il aurait aimé que vous soyez le porte-parole du "ça va mieux"…
Je n'ai jamais considéré que la politique consistait à se ranger derrière un slogan. Retrouver collectivement le goût de l'avenir, ce n'est pas dire aux Français qu'ils ont une perception fausse de leur présent.
Lui avez-vous demandé s'il serait candidat? Auriez-vous démissionné s'il avait répondu oui?
Je ne sais pas ce que fera le président de la République. Ma logique ne repose pas sur les questions de personnes. Il est très lucide et il a le sens des responsabilités, et je pense que son choix n'est pas fait. Mais le sujet pour moi est seulement ce que je crois bon pour notre pays.
Mais serez-vous candidat s'il l'est?
Vous ne savez pas s'il le sera, ni si je le serai. Encore une fois, avoir des idées claires, des convictions partagées, c'est la condition pour faire et c'est cela dont le pays a besoin.

"Je n'ai pas monté un fan-club ni un parti nord-coréen"

Qu'est-ce qui vous déciderait à vous lancer?
Mon objectif est que les idées progressistes soient présentes au second tour de l'élection présidentielle et gagnent pour pouvoir transformer notre pays. Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire de la présence du Front national au second tour le marchepied de l'accession au pouvoir de tel ou tel camp. Je désapprouve ceux qui préfèrent préserver leurs appareils et leurs intérêts plutôt que de faire gagner leurs idées et la France.
Quand prendrez-vous votre décision?
La politique, c'est une dynamique. Nous allons articuler une vision, et un projet de transformation du pays. Tant que je ne l'aurai pas exprimé de manière ambitieuse et complète, la question ne se posera pas.
«Dans le concert d'attaques que j'ai subies de toutes parts cette semaine, sa voix et celle d'autres élus de l'UDI sont courageuses»
Au centre, le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, vous tend la main. Vous l'acceptez?
Je souhaite un large rassemblement autour des idées du progrès. C'est cette réconciliation qui est la condition du succès. Dans le concert d'attaques que j'ai subies de toutes parts cette semaine, sa voix et celle d'autres élus de l'UDI sont courageuses. Je m'en réjouis. D'autres ont considéré qu'au contraire il ne fallait pas même me parler.
Vous voulez parler d'Hervé Morin?
Quand on ne veut pas discuter avec quelqu'un, c'est qu'on en a peur. Ils ont raison d'avoir peur car ils parlent au nom des appareils qui préfèrent leur survie à l'intérêt général.
Pourquoi réussiriez-vous là où Bayrou, Lecanuet ou d'autres ont échoué?
Je ne suis pas un centriste. Je veux travailler avec tous les progressistes, y compris les centristes. De manière claire et sur la base de projets communs.
Pourriez-vous soutenir un autre candidat qui défendrait les mêmes idées?
Je n'ai pas monté un fan-club ni un parti nord-coréen : ce qui m'importe, c'est avant tout de créer une dynamique progressiste pour que la prochaine élection ne soit pas une occasion manquée pour notre pays.

Je n'ai pas le droit de me poser la question de la défaite

Que ferez-vous si votre mouvement ne prend pas?
Il n'y a pas de politique sans risque, comme disait Edgar Faure. Mais il n'y a pas non plus de politique sans chance. Je prends un risque important avec beaucoup de gravité, de détermination et le sens des responsabilités. Je n'ai pas le droit de me poser la question de la défaite.
Nicolas Sarkozy non plus ne se pose jamais la question d'un échec…
Si l'on regarde la frontière entre progressistes et conservateurs, il est clairement l'un des hérauts du conservatisme, sa vision de l'identité française est une forme de rabougrissement de la France, il exprime la brutalité sociale, le cynisme, l'irresponsabilité dans sa politique européenne. Il dit défendre la laïcité au nom de l'unité du pays, mais ce qu'il propose fracture au contraire le pays et nourrit les communautarismes : c'est incohérent. Je suis un farouche opposant de ses idées, mais je ne l'attaquerai jamais personnellement. La vie politique a perdu le sens du respect des personnes. Je ne m'y résous pas.
«Certains racontent qu'ils veulent être président de la République depuis leur enfance, c'est souvent factice»
Vous n'avez pas toujours eu des projets dans la politique. Il y a une part de hasard dans votre engagement actuel?
La vie est faite de hasard, et le hasard, parfois, rencontre une évidence. Certains racontent qu'ils veulent être président de la République depuis leur enfance, c'est souvent factice. Mon fil rouge, c'est que j'ai toujours été engagé. J'ai toujours été profondément attaché à la chose publique et à mon pays. J'aime ce pays, je sais que nous traversons une période de crise qui ouvre la possibilité d'une refondation.
Allez-vous démissionner de la fonction publique?
Je serai cohérent et sensible à la nécessité d'exemplarité.
Avez-vous les moyens de faire campagne? Comptez-vous lever des fonds à Londres?
Je vais solliciter des dons partout, en France et à l'étranger, de façon contrôlée et transparente. Nous avons aujourd'hui près de 75.000 adhérents et aucune subvention publique, là où toutes les autres formations politiques reçoivent plusieurs millions d'euros. La démocratie n'a pas de prix, mais elle a un coût.
dimanche 04 septembre 2016
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